Pharmacie-communautaire : jokkosante innove dans la gestion des medicaments

Pharmacie-communautaire : jokkosante innove dans la gestion des medicaments

Dans beaucoup de familles sénégalaises, des médicaments sont souvent achetés. Mais, une partie seulement est en général utilisée. Le reste est jeté à la poubelle au moment où d’autres familles démunies qui en ont besoin peinent à avoir de quoi payer des médicaments. Cette situation a inspiré la conception du projet « Jokko Santé » qui promeut la pharmacie communautaire.

Le projet « Jokko Santé », qui promeut la pharmacie communauté, a démarré ses actions à Passi, dans le département de Foundiougne. Ses succès lui ont valu des distinctions. Aujourd’hui, il est en train d’être mis en œuvre au niveau de l’hôpital pédiatrique de Diamniadio (à une quarantaine de kilomètres de Dakar). Dr Ndiémé Ndiaye Diawara, pédiatre à l’hôpital de Diamniadio (point focal), a indiqué que le projet « Jokko Santé » est un concept de pharmacie communautaire. Le concepteur avait constaté, au moment de déménager de chez lui, pour aller s’installer dans une autre maison, qu’il s’est retrouvé avec une valise pleine de médicaments accumulés au fur et à mesure qu’il en achetait pour sa famille. Il s’agissait de médicaments qui ne servaient plus et qui finissaient dans la poubelle. Il s’est dit qu’il est probable que beaucoup de familles sénégalaises se retrouvent dans la même situation que lui. « Il arrive que des médicaments soient achetés dans une famille et utilisés seulement à moitié, l’autre peut se retrouver à la poubelle. C’est là que lui est venue l’idée d’un partage de ces médicaments », a expliqué Dr Ndiémé.

Comme les médicaments sont des produits sensibles, il a été jugé nécessaire de mener une plus large réflexion. L’idée a été ainsi mûrie au point qu’il est arrivé à ce projet qui est en train d’être testé. Le projet comporte trois volets : l’économie circulaire du médicament qui est un échange de points. « Quelqu’un qui a des médicaments va les déposer dans une pharmacie communautaire censée logée dans un hôpital, un centre de santé ou un poste de santé. Ces médicaments lui sont échangés en points », a-t-elle souligné. Par exemple, celui qui dépose des médicaments qui coûtent 1.000 FCfa va disposer de 1.000 points. Une série de mesures encadre le dépôt de ces médicaments. Ce sont des pharmaciens qui reçoivent les médicaments, qui les trient, vérifient leur utilisabilité, assurent le conditionnement, etc. Le second volet est relatif à l’achat de points. C’est-à-dire qu’un particulier peut venir acheter des points au niveau de « Jokko Santé ».

Achat de points, dons
Il suffit d’ouvrir un compte « Joko Santé » à partir d’un téléphone ou d’un ordinateur et acheter des points qui pourront permettre à ce particulier de pouvoir acheter des médicaments dans n’importe quelle pharmacie « Jokko Santé ». Le troisième volet est relatif aux dons. Ceci, dans le cadre de la Responsabilité sociétale des entreprises (Rse). « Avec « Jokko Santé », toute entreprise donatrice va gérer son don en définissant sa cible si bien qu’elle aura une nette visibilité et une traçabilité de ses dons, car le bénéficiaire va recevoir un message qui va lui préciser que c’est telle structure qui vous a payé les médicaments », a ajouté Dr Ndiémé.

Serigne Diop, habitant du village de Keur Moussa, a donné son avis sur la pertinence du projet : « Mon fils est malade. Je suis chauffeur et je touche un salaire de 100.000 FCfa. Une somme quelque peu insuffisante pour entretenir ma famille. Au début, j’étais obligé de diviser mon salaire par deux et de consacrer la moitié au traitement de la maladie dont souffre mon fils. Au fil du temps, je me suis rendu compte que l’autre moitié ne couvrait pas mes charges familiales. C’est grâce à « Jokko Santé » que j’ai réussi à m’en sortir, car c’est cette structure qui a pris en charge l’essentiel des frais liés à la prise en charge en termes d’achat de médicaments concernant le traitement de la maladie de mon fils ».

Même avis chez Fatou Diop venue du village de Mbodiène. « Avant l’arrivée de « Jokko Santé », j’avais acheté à crédit deux ordonnances. Non seulement le projet m’a payé les deux ordonnances, mais aussi il m’a payé une troisième ordonnance. De même, on m’a aidé à prendre en charge les frais d’hospitalisation de ma nièce », a-t-elle souligné.

Abdou DIOP